06 août 2005

Les catacombes d'Odessa.

Aujourdh'ui est le grand jour : je descends dans les catacombes d'Odessa, les plus grandes du monde (2 500 km). Le calcaire y était exploité comme pierre à bâtir. Ces carrières sont relativement récentes (200 ans). La pierre est en fait de la craie friable qui a besoin d'un enduit de ciment. Voici le seul mur de pierre nue que j'ai vu à Odessa. Il ne peut pas être bien vieux (un siècle ou deux), mais déjà profondément érodé:




En attendant le soir, je me renseigne sur les possibilités de transfert vers la Crimée. Malheureusement, il n'y a pas de vols entre Odessa et Simferopol cette année. La solution suivante est le train de nuit, mais ils sont complets dimanche et lundi soirs. Je vais devoir trouver une alternative quand je serai sûre de la date.

Je retrouve Escape en début de soirée. Nous marchons jusqu'à la gare routière pour prendre un minibus pour Nerubaiskoye. Il est 21h, mais il fait encore 32 °C. A la gare, nous tombons par hasard sur d'autres cataphiles. Plus on est de fous, plus on rit !
D'abord un long trajet en minibus, puis à pied le long d'une grande route, puis à travers un terrain vague, puis le long d'une petite route, puis un chemin, puis... et puis nous débouchons dans une dépression que je devine cernée de cavages :-)

Après avoir passé la châtière d'entrée, nous traversons une série de fontis. La pierre soufre probablement d'importants écarts de température. L'aspect des galeries s'améliore au fur et à mesure qu'on s'enfonce sous terre. Voici une galerie assez représentative de ce réseau :




Un des côtés est renforcé par un mur de pierres sèches, fait de blocs de rebus mais bien sciés. Ce qu'ils considèrent comme du déchet à Odessa serait vendable partout ailleurs. La craie est si tendre qu'il était facile de scier des blocs énormes (environ 2 m * 60 cm * 60 cm). La craie a aussi tendance à éclater sous la pression et à s'effondrer :







Il y a peu de grandes salles, et la plupart résultent d'effondrements. L'exploitation est en galeries étroites (1 m 50 à 3 m de large, plus ou moins remblayées), parce que la pierre est trop fragile pour une exploitation plus intensive. La hauteur moyenne est de 1 m 80, mais elle peut atteindre 3 m quand la pierre est plus solide (autour de la salle de la Journée Internationale des Femmes, par exemple).
Ce réseau fait 800 km et est paumatoire. Il existe des plans, mais je n'en ai pas.
Il est peu fréquenté. L'endroit est assez propre, à part le - triste mais classique - tas d'ordures dans les squatts. Il y a très peu de tags à la peinture.

Les grafittis en cyrillique ont quelquechose d'exotique à mes yeux :




Les cataphiles odessites font ce que tous les cataphiles font : ils se promènent, papotent, boivent, cuisinent, mangent, fument, jouent de la guitare, dorment... La principale différence avec les cataphiles parisiens est que le trajet de l'entrée à la "base" est si court et qu'il y a si peu de passage qu'ils peuvent se permettre d'apporter beaucoup de bazar et de le laisser au squatt pendant qu'ils vont faire un tour.




Un d'entre eux avait une chouette acét :


2 Comments:

Blogger http:/kata.addict.free.fr said...

Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

6:15 PM  
Blogger http:/kata.addict.free.fr said...

hello

super reportage cela donne envie de voyager

Guy

6:16 PM  

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